Une croisière vers le Cap Horn au départ du Chili

Entre les glaciers du grand sud chilien

Entre les glaciers du grand sud chilien

 En mer, vers le Cap Horn, au milieu des glaciers du grand sud chilien…

par Dominique Larue

En mer, vers le Cap Horn, au milieu des glaciers du grand sud chilien, les bâtiments de croisière qui font ce périple dans les fjords du sud-chilien ressemblent davantage à de gros yachts qu’à des paquebots.  Une croisière vers le cap Horn est une expérience inoubliable.Chaque matin, et chaque après midi les passagers partent en excursion sur de petits dinghies qui zigzaguent entre les blocs de glace. Vous découvrirez des paysages vierges et verrez défiler depuis la fenêtre de votre cabine des vues inoubliables. Authenticité garantie.

Une croisière de trois ou quatre nuits

A Punta Arenas, d’où l’on part au Chili, pour cette croisière vers le Cap Horn, le vent est parfois si fort qu’il est pratiquement impossible de circuler dans la rue pour ceux qui n’y sont pas habitués. La croisière en bateau dure de 3 ou 4 nuits entre le Chili et l’Argentine ( Ushuaïa) ou vice versa, et toutes les cabines sont similaires, les plus onéreuses se trouvant à l’étage supérieur. La salle à manger est commune à toutes les classes. La cuisine est sans prétention ( ce qui est un avantage en Amérique Latine) et tout à fait correcte. Les boissons alcoolisées sont gratuites. Excellents vins chiliens et cocktails. Le vol entre Santiago et Punta-Arenas dure un peu plus de quatre heures en fonction du vent, et l’aventure se met en place dès l’entrée dans le petit navire de croisière, ce Mare Australis fleurant bon le bois ciré et les embruns ! Le soleil tombe sur la mer et renvoie sa lumière dans la spacieuse cabine que l’on découvre tout en blanc et bleu avec draps brodés et musique classique distillant ses notes en écho au bruit des vagues.

Dans les fjords du sud Chili

Une côte sculptée par le vent

La côte, sculptée par le vent disparaît petit à petit. On navigue par petite mer ! Et on s’organise. Nuit houleuse dans le canal de Magellan à la largeur oscillante ( entre 4 et 40 kms ) d’où une mer à surprises, mais à l’opposé, lever du jour calme dans le Fjord de l’Almirantazgo que surplombent les cimes de la cordillère Darwin, point extrême où finissent les Andes . Moment solennel du premier débarquement à bord de zodiacs!

Pas hésitants, mais dûment instruits par l’équipe de l’expédition (consigne formelle: à bord, ne jamais se mettre debout), le rivage révèle une escouade d’ éléphants de mer alanguis que certains prennent pour un tas de roches tant le mimétisme avec l’environnement est spectaculaire. A la clé, végétation vert tendre et rose-mauve et flore peu commune, frangée de lagunes et ruisseaux: un spectacle qu’un ciel bleu pur, magnétique rend encore plus féerique.

Au programme : marche bucolique à la découverte de castors embusqués dans leurs habitats aquatiques. Un vrai méli-mélo de branches où eux seuls s’y retrouvent. Pour vivre heureux…vivons cachés, non ? Dans cette baie et forêt magellane, paix et silence. Une ambiance qui tranche avec celle des îlots Tucker, excursion de l’après midi menée sur mer uniquement, pour ne pas perturber la quiétude des habitants du lieu: mouettes australes, chimangos, cormorans, tuiques et…colonies manchots de Magellan d’autant plus sympathiques qu’ils sont de très petite taille. Descendus du nord après des milliers de kilomètres jusqu’ aux îlots Tucker, ils s’activent à leur nidification sans se soucier de notre présence ! Cette zone étant protégée, il est bien sûr interdit de les toucher.Le climat est capricieux. Pluie, soleil, vent alternent en moins d’une heure.

En route vers le Cap Horn, dans le canal de Beagle

Les 84 milles parcourus dans la nuit jusqu’au bras nord ouest du Canal de Beagle révèlent au matin, un monde de silence tout en blanc pur nuancé de bleu, celui de glaciers millénaires que nous passerons toute la matinée à contempler du pont supérieur du Mare Australis. Chaque méandre du canal révèle un nouveau spectacle dont personne ne songe à s’arracher. La mer, immobile semble huileuse, figée …Normal : la température avoisine les -1 et des petits blocs de glace, asiles temporaires pour les rares cormorans, le confirment. Le temps est long jusqu’au débarquement de l’après midi prévu sur le glacier Pia, l’un des plus beaux, un monstre de glace qui semble tomber à pic au fond de l’eau. Il donne la pleine mesure de cette Terre de Feu immense, figée car soumise à la violences des éléments.

Dans les fjords glacés du Sud Chili

L’avenue des glaciers

Juchés sur le haut d’une falaise afin d’admirer la vue panoramique de ce glacier millénaire, on le détaille et on l’écoute: grondements de cascades , bouillonnements sourds, lourdes chutes de glace…. font de cette masse toujours en mouvement, un sujet vivant et mystérieux. Les yeux et les oreilles, monopolisés, engrangent ce moment exceptionnel qui une fois remontés à bord du Mare Australis, aura son point d’orgue avec la navigation dans l’avenue des glaciers, bordée à tribord sur des kilomètres, d’une succession de glaciers majestueux où aucun ne ressemble à l’autre. Chacun a son « histoire », ponctuée d’un nom de reconnaissance comme Romanche, France ( mais oui !) Alley, Allemagne…. .Le bateau semble glisser sur l’eau et à la nuit tombée , surprise: un fil de lumière scintillante ourle l’ horizon : c’est la mythique mais décevante Ushuaia. Envahie par les touristes, la petite ville argentine n’a plus beaucoup d’intérêt. Punta Arenas, au Chili, est plus authentique.

Débarquement au Cap Horn

L’aube se lève … Pas besoin de se frotter les yeux pour y croire. L île d’Horn est face à nous: langue de terre pelée, battue par les vents qui scelle la rencontre de l’océan Pacifique et de l’Atlantique. La pluie et le vent d’Ouest, malédiction des marins, renforcent l’impression de désolation et le sentiment de vivre une expérience unique et inoubliable. Le Mare Australis jette l’ancre dans un semblant de crique où la houle se fait plus conciliante.. .Il est 6h du matin et les zodiacs, l’un après l’autre, se frayent un passage jusqu’en bas d’un promontoire équipe d’un escalier rudimentaire conduisant jusqu’à l’extrémité de l’ île: le fameux Cap Horn.

Un mémorial, érigé en 1992 par la section Chilienne de la Confrérie des Cap Horniers, rappelle le prix en vies humaines payé par ces conquérants des mers. Bientôt le froid et l’humidité incitent au repli vers le bateau. En fin d’après midi, débarquement escorté par un banc de dauphins dans une baie abritée à l’ouest de l’île Navarino: Wulaia. Là, pour la première fois depuis le départ de Punta Arenas, on découvre une construction humaine : une ancienne ferme avec à proximité une butte coiffée d’une stèle chargé d’histoire .C’est là exactement, qu’au XIX è siècle, Charles Darwin et le capitaine de marine Fitz Roy nouèrent des contacts avec les indiens Yamanas. A la tombée du jour, nous aurons parcouru 256 milles nautiques et ceux effectués par le passage du Cap Horn vaudront à chacun un diplôme certifiant que nous avons « bien » franchi le point le plus au sud du globe !

2 réflexions au sujet de « Une croisière vers le Cap Horn au départ du Chili »

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