La découverte de l’île de Pâques par Roggeveen

C’est à un navigateur hollandais du nom de Roggeveen, à bord de l’Arena, que l’on doit la découverte de l’île de Pâques le 6 avril 1772. Un dimanche de Paques…

Le premier contact entre les indigènes – de 2000 à 3000 habitants selon Roggeveen – eut lieu le lendemain de l’arrivée du bateau. Un indigène monta à bord de l’air le plus naturel sans paraître étonné par la présence des étrangers. Il arpenta le pont, s’intéressa aux cordages et au canons, comme si les problèmes techniques l’intéressaient et ne perdit contenance, raconte Alfred Metraux, dans son ouvrage sur l’île de Pâques, que lorsqu’il aperçut son image dans un miroir.

L’orchestre du bord se mit à jouer de la musique et le Pascuan commença à danser. Enthousiasmé par sa bonne humeur et la confiance dont il leur témoignait, les hollandais leur offrirent de nombreux présents qu’il ramena au rivage à la nage. D’autres visiteurs montèrent à leur tour, mais le climat entre l’équipage et les indigènes commença à changer lorsque certains Pascuans dépouillèrent des marins de leurs chapeaux et sautèrent à la mer, avec leur butin. Le lendemain, la situation se dégrada encore lorsque les hollandais débarquèrent dans l’île, et firent feu sur une foule d’indigènes qui les menaçaient avec des pierres. Ce fut le premier contact des Pascuans avec le monde étranger, mais d’autres expéditions allaient se succéder, jusqu’à cette tragique année 1862 ou des marchands d’esclaves accostèrent dans l’île pour faire prisonniers des indigènes et les emmener travailler au Pérou dans des mines de guano.

Le deuxième explorateur à aborder l’île fut l’espagnol Felipe Gonzalez y Haedo, qui en dressa la carte. Les Espagnols dressèrent de grandes croix sur l’île, mais il n’y eut pas de conflits avec les indigènes. On dit même que les jeunes filles de l’île accordèrent en grand nombre leurs faveurs aux Espagnols qui en furent ravis. Puis ce fut Cook dont la chronique commença a faire connaître l’île de Pâques, et le tour de La Pérouse, en 1786, qui ne s’arrêta que 24 heures dans l’île,du navigateur russe Kotzebue, de l’anglais Beechey, et de Du Petit-Thouars, pour ne citer que les plus connus. En 1862, le débarquement de chasseurs d’esclaves péruviens allait marquer un tournant tragique dans l’histoire de l’île.

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